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Paris, qui dresse un bilan positif de ses 15 sociétés d’économie mixte, vient aussi de créer deux sociétés publiques locales destinées à lutter contre l’habitat insalubre et aménager le quartier des Batignolles.

Quinze sociétés d’économie mixte (SEM) en activité auxquelles se sont ajoutées deux sociétés publiques locales (SPL) créées en moins d’un an : à Paris, les entreprises publiques locales ont le vent en poupe. Alors que le Parlement a étendu la semaine dernière les compétences des SPL, ces sociétés 100 % publiques, la mairie vient de dresser un bilan positif des entreprises publiques parisiennes dont elle dit avoir « beaucoup modernisé la gestion ».

Les 15 SEM parisiennes qui emploient 3.800 salariés dans l’immobilier, l’aménagement et les services (chauffage, pompes funèbres, parking…) affichent un chiffre d’affaire de 1,4 milliard d’euros. C’est 15 % de ce que rapportent, en France, les 1.071 SEM, qui emploient 70.000 personnes.

Gestion « saine »

La gestion des SEM parisiennes, par le passé parfois associées aux « affaires », se veut aujourd’hui « saine » : «  vigilance » sur les avantages des dirigeants «  absence d’emprunts toxiques » dans leur portefeuille de dette (2,7 milliards d’euros). L’équipe de Bertrand Delanoë a, à son arrivée, repris la main sur un certain nombre de sociétés dans lesquelles la mairie n’était pas majoritaire, notamment en matière de logement. Elle les fait désormais évoluer au gré des besoins.

Ainsi, la Semavip (aménagement), en charge du secteur porteur de l’environnement, est appelée à grossir. Certains élus pensent aussi que le «  désengagement de l’ Etat » en matière de logement social, obligera à terme à renforcer l’action de la SGIM (immobilier) qui gère 70.000 des 240.000 logements sociaux.

Depuis 2005, deux SEM ont été créées ; à l’inverse, une autre (« Eaux de Paris ») a disparu, transformée en établissement public à l’occasion de la municipalisation de l’eau. «  Nous ne sommes pas doctrinaires, nous choisissons les instruments de gestion les plus adaptés », affirme Bernard Gaudillère, l’adjoint aux Finances (PS) de la ville. Les sociétés publiques locales, récemment créées par la loi, ont donc désormais ses faveurs.

L’an passé, une SPL destinée à lutter contre l’habitat insalubre a vu le jour. Et récemment, l’aménagement du quartier Clichy-Batignolles a été confiée à une société du même type. « Cela nous permettra d’aller plus vite, car dans une SPL, il n’y a pas d’appel à la concurrence, mais un contrat » explique-t-on à l’Hôtel de Ville. Paris n’a en effet que peu de temps pour aménager le quartier, puisque le futur tribunal de grande instance bâti par l’Etat est attendu pour 2015.

LAURENCE ALBERT, Les Echos, 26/05/2010