Quel est l’état des RH au sein du Groupe SOS ?
Le Groupe SOS est la première entreprise sociale d’Europe, et gère un grand nombre d’hôpitaux à but non lucratif, d’EHPAD, de structures sociales… Nos équipes ont été directement impliquées dans la lutte contre la propagation du Covid-19. 80 % de nos salariés ont été en 1ère ligne ou 2ème ligne pour assurer la prise en charge sanitaire, sociale ou médicosociale ainsi que la protection, l’accueil et l’accompagnement des patients, des bénéficiaires et leur famille. Un des enjeux de la direction RH était donc de garantir, chaque jour, l’équilibre des équipes, en tenant compte des difficultés liées à la garde d’enfant, aux problèmes de santé et à l’absentéisme parfois chronique dans certains établissements des secteurs sanitaire et médicosocial.
 
Certains métiers du groupe sont en tension perpétuelle : aides-soignants, infirmiers, travailleurs sociaux… Au plus fort de l’épidémie, dans les hôpitaux, nous avons bénéficié d’un renfort unique de la part de professionnels libéraux et de cliniques privées. En revanche, dans nos autres établissements, notamment les EHPAD, nous avons reçu peu de candidatures spontanées et les agences d’intérim ont été rapidement submergées, alors que nous avions des besoins urgents en personnel formé pour assurer les remplacements et absorber le surplus d’activité lié à l’épidémie. Heureusement, nous avons pu compter sur l’engagement, la mobilité interne de nos collaborateurs et collaboratrices, et sur la capacité des équipes à se coordonner.
 
« Nous sommes fiers de nos collaborateurs qui ont fait tenir nos structures
dans des conditions pas toujours évidentes. »

 
Mais les difficultés sont loin d’être terminées. Après l’adrénaline, vient la période de fatigue cumulée et, parfois, de tension avec les collègues qui ont été moins présents sur la période. Cela appelle une grande vigilance de notre part à l’égard des risques psycho-sociaux (RPS) et un accompagnement dans la durée.
 
Quels sont les objectifs de votre récente campagne de communication RH ?
Nous avons saisi l’opportunité de lancer une campagne d’affichage dans le métro parisien pour anticiper les mois de juillet août et le besoin de souffler des équipes, ainsi que la reprise de l’activité classique, à commencer par la chirurgie dans les hôpitaux. Nous tenions à mettre en avant nos personnels soignants, nos agents logistiques, les personnels de nettoyage et les travailleurs sociaux, qui ont assuré la présence dans un grand nombre des 550 établissements et services du Groupe SOS, ainsi que la protection des personnes accueillies dans nos structures.
 
« En communiquant sur notre marque employeur, nous souhaitons valoriser
la pluralité des métiers du groupe qui a rendu possible cette réponse collective. »

 
Quels enseignements tirez-vous de cette période en termes de management ?
Le principal enseignement, c’est la solidarité collective. Rapidement, nous sommes parvenus à maintenir les équilibres au sein des équipes grâce à une mobilité que nous n’aurions jamais imaginée. Des infirmiers de nos crèches franciliennes sont allés donner un coup de main dans nos hôpitaux ou EHPAD du Grand Est, des collaborateurs sont allés prêter main forte dans des établissements à 100 km de leur domicile, nombreux sont ceux qui ont remplacé au pied levé leurs collègues…
 
« Les salariés n’étaient pas là uniquement pour leur métier,
leur établissement ou leur équipe. Ils ont fait groupe. »

 
Cela s’est traduit par une grande agilité des structures et une incroyable adaptation des salariés. Ainsi, notre traiteur événementiel parisien, qui fait de l’insertion, a par exemple assuré l’approvisionnement en gel hydro alcoolique de nos hôpitaux et de nos EHPAD !
 
En dépit de la diversité de nos activités et métiers, manager des collaborateurs engagés reste un point commun. A travers la trajectoire commune à tous les managers du groupe et les interventions du Directoire, nous essayons régulièrement de mettre en avant le collectif, le fait que personne n’est utile seul.
 
L’épidémie a souligné l’importance du care, le cœur de métier du Groupe SOS. De quelle façon le Groupe va-t-il aborder les prochains mois ?
Être attentif au care et lutter contre toute forme d’exclusion font partie de notre ADN. Par exemple, nous avons publié un plaidoyer sur l’exclusion numérique l’année dernière. Les deux mois de confinement ont prouvé que nous avions raison d’en parler. Il faut aller plus loin désormais, avoir non plus une dizaine de collaborateurs qui travaillent sur la question mais des centaines.
 
« Cette crise a renforcé notre volonté. Elle a démontré que nous sommes dans le vrai et que nous devons accélérer pour renforcer notre impact sur la société. »
 
Nous comptons également jouer notre partition en termes de visibilité des métiers. 80 % de nos activités sont dans le social, le médicosocial et le sanitaire, avec des postes majoritairement occupés par des femmes. Ces métiers sont globalement sous-rémunérés mais ô combien nécessaires. Un enjeu des prochains mois et des prochaines années est de ne pas laisser retomber cette visibilité et de rétablir une corrélation entre leurs niveaux de rémunération, leur engagement et la valeur ajoutée de ces métiers d’intérêt général, afin de les rendre attractifs pour mieux répondre aux défis sociaux et sociétaux.
 
Quels sont les leviers pour attirer la nouvelle génération de collaborateurs ?
Le sens au travail est un marqueur fort du Groupe SOS. Dans le cadre de notre dernier baromètre social, 97 % des salariés du groupe ont déclaré qu’il est important pour eux de travailler pour une entreprise avec des valeurs sociales affichées. L’innovation est également un point saillant, à savoir notre capacité à concevoir un projet social et sociétal viable économiquement et en adéquation avec les besoins des Français. L’innovation sociale est au cœur de l’ADN du Groupe SOS, et consiste à élaborer des réponses à des besoins sociétaux de notre époque. C’est le cas du programme “1000 cafés”, par exemple, qui consiste à revitaliser les communes rurales en ouvrant ou en reprenant 1000 cafés dans 1000 communes de moins de 3500 habitant.e.s. 
 
« Toutefois, la seule réponse “mon travail a du sens” ne suffit pas. Je suis convaincu de l’utilité de mesurer l’engagement et de l’utiliser comme levier de management. »
 
Nous allons intégrer cette dimension dans notre prochain baromètre social. Il s’agit d’individualiser l’engagement et d’outiller nos managers afin qu’ils soient en capacité de capter les signaux faibles dans leurs équipes. Les collaborateurs viennent dans le Groupe SOS parce qu’ils partagent ses valeurs. Ils y restent parce que leur manager de proximité leur laisse la marge de manœuvre nécessaire et donne du sens à leur travail au quotidien.