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de Designfax999 du 31 octobre 2016

 

Diplômé de l’Institut Supérieur de Design de Valenciennes, Sylvain Grandpierre est le nouveau directeur du design et des arts graphiques de JCDecaux. L’occasion de faire le point sur les projets et activités du numéro un mondial du mobilier urbain.

Comment définit-on le design chez JCDecaux?

Sylvain Grandpierre. Le design s’inscrit dans l’ADN de notre groupe. C’est à la fois une démarche et une passion. Chez nous, tous les métiers de l’entreprise parlent design. Le design n’est pas que le souci du beau, mais aussi celui de la qualité, de la robustesse et des services apportés aux usagers dans le respect de l’environnement. Si le design n’est pas évalué stricto sensu dans les appels d’ofres (JCDecaux participe à 140 appels d’ofres par an), c’est pourtant grâce à celui-ci et aux capacités d’innovation qu’il renferme que nous les remportons.

Comment sont organisées vos équipes design ?

SG. Nous comptons 55 designers ou assimilés. Des ergonomes, des coloristes, des maquettistes, des photographes, des cameramen, des créateurs graphique et spécialistes de modélisation 3D…

Ce sont quelques 27 métiers diférents où chacun apporte aux autres. Preuve de notre importance, nous sommes sous l’autorité directe de la famille Decaux dont les membres sont nos premiers utilisateurs et clients. Nous faisons également appel à des compétences externes : des architectes et designers de renommée mondiale comme Philippe Starck, Mario Bellini, Patrick Jouin, Jean-Michel Wilmotte, Marc Aurel pour les récents abribus ou encore Matali Crasset avec laquelle nous sommes en train de travailler sur les nouveaux kiosques à journaux parisiens.

Quel est ce nouveau projet ?

S.G. À partir de 2018, nous allons remplacer 360 kiosques parisiens vétustes par de nouveaux modèles dont l’ergonomie intérieure comme le design exté- rieur sont totalement repensés. Ce sont de véritables petits magasins en pleine rue dans lesquels on aura envie de rester. Ceux-ci disposent de nouveaux présentoirs, de nouveaux éclairages et même du chaufage. Ils ofriront également beaucoup de services supplémentaires : des boîtes aux lettres, des bornes interactives et de la vente de boissons et de billets de spectacle.

Quid des autres chantiers en cours et à venir ?

S.G. Nous sommes en train de développer de nouveaux panneaux Full HD LCD de publicités ciblées et géolocalisées. Grâce à l’afchage programmatique, ils permettent d’adapter les messages en fonction des horaires et des publics passant devant. 26 écrans de ce type sont déployés en ce moment à Neuilly et Levallois. À terme, on en comptera 81 dans les Hauts-de-Seine et sans doute beaucoup plus dans toute la France.

Certains vous reprochent de vouloir faire de la ville de demain un espace publicitaire grandeur nature. Ne craignez-vous pas un certain ras-le-bol des usagers, comme à Grenoble où la municipalité a rompu le contrat qui vous liait ?

S.G. Nous sommes les premiers à appeler à une désintensification des panneaux publicitaires qui peuvent s’apparenter parfois à de la pollution visuelle. Nous souhaitons moins de quantité et d’intrusivité, mais plus de qualité. Et puis la publicité peut permettre de financer beaucoup de choses comme les grands travaux. C’est le choix du Grenelle de l’Environnement. C’est pour cela que l’on voit aujourd’hui des messages publicitaires sur les palissades encadrant des travaux ou des grandes bâches publicitaires recouvrant des monuments (Ndlr : même des églises) en rénovation.

Un récent rapport de l’Inspection générale de la Ville de Paris n’est pas tendre avec JCDecaux sur l’exploitation du Vélib’ : manque de transparence, coût exorbitant du service évalué à 16 millions d’euros pour la seule année 2013… Pensez-vous pouvoir encore décrocher le nouvel appel d’ofres Vélib’ à Paris prévu en décembre 2017 ?

S.G. Malgré ce rapport que nous contestons, nous sommes confiants. Je ferais simplement remarquer que notre filiale Cyclocity a été élue, il y a quelques jours, service client de l’année, que le Vélib est entrée dans les mœurs et dans les cœurs. Vélib’, c’est près de 40 millions de locations de vélos l’année dernière, 300 millions depuis le lancement et un taux de satisfaction de 88 % chez les usagers. De plus, nous sommes les seuls à proposer, pour ce renouvellement d’appel d’ofres, de nouveaux Vélib’ avec assistance électrique. C’est aussi cela l’innovation par le design !